| Mots clés |
Leucémies aiguës de l'enfant, Pesticides agricoles, Proximité aux cultures, Exposition environnementale, Cartographie de l'occupation des sols, Étude cas-témoins |
| Resumé |
Introduction : Les leucémies aiguës (LA) de l'enfant sont les cancers pédiatriques les plus fréquents. Plusieurs facteurs génétiques et infectieux ont été identifiés comme facteurs de risque des LA, mais le rôle des expositions environnementales reste encore mal compris. Parmi celles-ci, l'exposition aux pesticides agricoles suscite une attention croissante. Toutefois, les études épidémiologiques sur cette question se heurtent souvent à des limites en termes de précision spatiale et de caractérisation des expositions. Dans ce contexte, cette thèse a pour objectif d'évaluer le lien entre la proximité résidentielle aux cultures agricoles - utilisée comme proxy d'exposition aux pesticides - et le risque de LA de l'enfant en France métropolitaine. Objectifs : L'objectif principal est d'étudier l'association entre l'environnement agricole résidentiel et le risque de LA de l'enfant. Elle poursuit un double objectif : (1) développer des indicateurs d'exposition géographiques basés sur des données cartographiques agricoles annuelles, et (2) étudier leur association avec le risque de LA de l'enfant dans une étude cas-témoins nationale, en considérant les cultures séparément et conjointement. Méthodes : L'étude, issue du programme GEOCAP, inclut tous cas de LA identifiés par le registre national des cancers de l'enfant (RNCE), âgés de moins de 15 ans, diagnostiqués entre 2006 et 2013, et résidant en France métropolitaine, soit 3711 cas de LA. Elle inclut également 40 196 témoins représentatifs de la population pédiatrique de moins de 15 ans sur la période. Les adresses de résidence, au diagnostic pour les cas et à l'inclusion pour les témoins, ont été géolocalisées à l'aveugle du statut cas-témoins. Dans un premier temps, nous avons considéré la proximité aux parcelles viticoles, la viticulture étant une culture pérenne soumise à des traitements importants en pesticides. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur deux cartographies des cultures développées dans le cadre du projet pour les années 2006 et 2012. Ces cartes ont permis d'estimer les surfaces en vignes présentes dans un buffer de 1000 m autour des adresses géolocalisées. Dans un second temps, la méthode de cartographie a été améliorée pour prendre en compte l'ensemble des cultures agricoles (13 types) et les phénomènes de rotation annuelle. Une classification hiérarchique a été réalisée afin de définir des profils de voisinage agricole, permettant d'étudier l'effet de combinaisons de cultures. Des modèles de régression logistique ajustés sur l'âge ont été utilisés pour estimer les associations entre les densités de cultures, les profils de voisinage agricoles et le risque LA. Des analyses complémentaires ont permis de prendre en compte plusieurs des facteurs de confusion potentiels et de vérifier la robustesse des résultats. Résultats : Nous avons mis en évidence une augmentation du risque de LA lymphoblastiques (LAL) en lien avec la densité de viticulture à moins de 1000 m de l'adresse de résidence des enfants. La deuxième partie de la thèse a permis d'approfondir ces résultats, en mettant en évidence une augmentation du risque plus marquée, de l'ordre de 35%, pour les enfants ayant de grandes surfaces en vignes à proximité de leur résidence (groupe identifié avec la classification hiérarchique). Des associations positives entre la densité d'orge et le profil de voisinage agricole « Blé et d'autres cultures diverses » et le risque de LAL ont également été suggérées. Ces résultats sont restés robustes dans les analyses de sensibilité. Conclusion : Cette étude apporte des éléments en faveur d'une association entre la proximité résidentielle à certaines cultures agricoles, en particulier la vigne et l'orge, et le risque de LAL chez l'enfant. [...] |