| Resumé |
Les cellules T Régulatrices, également appelées Treg, constituent un sous-groupe de cellules immunitaires pourvues de fonctions suppressives permettant de contrôler la réponse T effectrice (Teff). Leur rôle est décrit comme étant « le maître de la régulation ». Leur implication a été démontrée dans de multiples réponses immunes, telles que celles survenant au cours des maladies autoimmunes, des infections, de la grossesse, des cancers et de la transplantation. Parmi les facteurs de transcription clés pour le Treg, IRF4 a été impliqué dans la formation d'un contingent de Tregs effecteurs, et dans la capacité des Tregs à supprimer les réponses Th1 et Th2. L'identification d'un variant de IRF4 dans une famille de patient atteints de déficit immunitaire héréditaire en anticorps a suscité notre intérêt. Ce variant est capable de lier plus fortement une séquence de l'ADN, AICE, impliquée dans le contrôle du programme de Treg effecteurs et son expression dans les Tregs est associée à une augmentation de l'expression de marqueurs d'activation. Nous avons démontré dans ce travail que, malgré la forte expression de marqueurs d'activation, l'expression de ce variant déstabilisait la cellule T régulatrice, notamment en milieu inflammatoire, et lui conférait la capacité de sécréter de l'interleukine-8. De plus, les cellules exprimant le variant semblent perdre en capacités suppressives tout en maintenant une signature transcriptomique et épigénétique de cellule T régulatrice. Dans l'ensemble, cette étude a visé à caractériser l'impact de cette mutation sur la biologie de la cellule T régulatrice. Nos résultats apportent un potentiel éclairage physiopathologique à certaines manifestations cliniques, notamment de type maladie inflammatoire de l'intestin, chez les patients atteints de ce déficit immunitaire. |