| Mots clés |
Risque de crédit, Risque climatique, Collatéral, Modélisation stochastique, Risque de transition, Prix du carbone, Évaluation d'entreprise, Mesures de risque |
| Resumé |
L'objectif de cette thèse est d'étudier l'impact de la transition climatique sur les portefeuilles de crédit. Il s'agit précisément de calculer les mesures de risques d'un portefeuille de crédits. Ces derniers peuvent être garantis et/ou non garantis. Ils sont contractés par des entreprises appartenant à une économie organisée en secteurs, dirigée par une productivité dynamique et stochastique (un vecteur auto-régressif en temps discret ou un Ornstein-Uhlenbeck multidimensionnel en temps continu), et soumise à la transition climatique modélisée à l'aide d'un processus dynamique et déterministe représentant le prix du carbone. La principale nouveauté de notre approche est que nous proposons une méthodologie de bout en bout, partant d'un scénario de transition modélisation par le prix du carbone, jusqu'à l'impact sur différentes mesures de risque de crédit. Elle est divisée en deux parties. La première partie est divisée en deux chapitres, et le temps est supposé discret. Dans le premier chapitre, nous modélisons l'environnement économique dans lequel opèrent les entreprises d'un portefeuille de crédits supposés tous non collatéralisés. Nous considérons une entreprise représentative pour chaque secteur et un ménage représentatif pour l'ensemble de l'économie. De plus, les émissions de gaz à effet de serre (GES) émissent par les entreprises lorsqu'elles produisent des biens et/ou des services et lorsqu'elles consomment des entrées intermédiaires, ainsi que par les ménages lorsqu'ils consomment les biens et/ou les services, sont facturées à l'aide du prix du carbone. En dérivant le problème des entreprises en une séquence de problèmes déterministes et en résolvant le problème des ménages par une méthode variationnelle, nous obtenons l'impact du prix du carbone sur la dynamique des variables macroéconomiques sectorielles telles que les émissions de GES, la production, la consommation, les entrées intermédiaires, etc. Dans le deuxième chapitre, nous utilisons la méthode Discounted Cash Flow (DCF) pour déterminer la valeur des firmes opérant dans l'économie décrite précédemment. Nous utilisons ensuite cette valeur dans un modèle structurel de crédit. Cela nous permet de calculer différentes mesures de risques d'un portefeuille de crédits : la probabilité de défaut de chaque entreprise, ainsi que les pertes attendues et inattendues. Ces dernières dépendront en particulier du prix du carbone puisqu'elles dérivent d'entreprises appartenant à une économie qui en est soumise. Dans la deuxième partie, nous travaillons en temps continue. Le problème est le même, mais nous supposons cette fois que les prêts peuvent être garanties. Les mesures de risques dépendent par conséquent de la valeur des garanties au moment du défaut. Ces dernières appartenant à la même économie que les entreprises prêteuses, elles subissent également la transition climatique. Nous modélisons deux exemples de garanties: l'une mobilière (un actif financier) et l'autre matérielle (un bien immobilier). Lorsque la garantie est un actif financier, nous déterminons sa valeur par la méthode DCF puisqu'il génère un flux de trésorerie. En revanche, quand il s'agit d'un bien immobilier, nous montrons que sa valeur dépend la différence entre un processus d'Ornstein-Uhlenbeck exponentiel et des coûts de rénovation (pour rendre le logement efficace énergétiquement) ainsi que le surplus de coûts d'énergie (avant rénovation). Nous calculons enfin, comme dans la première partie, différentes mesures de risques avec en plus la Loss Given Default. Les différents modèles sont calibrés et appliqués sur les données de l'économie Française ainsi que sur les données financières réelles des portefeuilles du Groupe BPCE ou fictives (pour publications). |