| Mots clés |
Henry Adams (1838-1918), Origine, Genèse, Commencement, Recommencement, Reprise, Répétition, Autobiographie, Troisième personne, Ellipse |
| Resumé |
Dans cette thèse, il s'agit d'explorer le lien et les tensions entre les questions de la genèse et de l'origine dans The Education of Henry Adams (1918), de Henry Adams (1838-1918). L'objet de cette étude consiste donc en une investigation des manifestations et des modalités dans le texte de ces deux questions et de notions qui leur sont associées, au premier rang desquelles la notion de recommencement. Si le thème de l'éducation préside au récit, le livre relève aussi de l'écriture autobiographique, conditionnée par une dimension rétrospective, laquelle implique et entraîne un intérêt pour le passé, l'antériorité, la généalogie, la naissance, l'enfance etc. Par ailleurs, qu'il s'agisse de l'intérêt pour le darwinisme, de propos épars sur l'Ancien Testament et les figures d'Adam et Ève, d'un portrait du personnage principal, Henry Adams en descendant d'une illustre lignée familiale comptant deux présidents des États-Unis, ou de remarques sur l'héritage puritain et la Nouvelle-Angleterre, tout témoigne de la prégnance de ces questions dans l'œuvre étudiée, qui constitue un foyer privilégié d'interrogation autour du sujet. À l'aide des concepts d'origine, de genèse et de recommencement, l'enjeu de ce travail est de savoir comment ce texte littéraire est affecté par ce matériau thématique foisonnant et par cette intrication de questions. La première partie est consacrée à la manière dont la question de l'origine est investie et désinvestie par le texte. Sa présence protéiforme est établie, par le biais d'indices, de signes annonciateurs, de traces passées. Dans la deuxième partie, le caractère aporétique de l'origine est exploré : comment cette aporie s'exprime-t-elle littérairement dans The Education ? Désinvestir l'origine, c'est la préserver, et c'est envisager que son expression puisse prendre différentes formes, notamment celles des genèses ou des processus, qui sont étudiés. Dans la troisième partie, l'analyse se tourne vers les reprises et les recommencements. Ils irriguent le récit et c'est à eux que l'on doit le rythme de la narration. Lorsque survient, au cœur du récit, une ellipse de vingt années, que se passe-t-il au regard du sujet étudié ? Le récit recommence-t-il après le chapitre « Twenty Years After » ? Est-il engendré par l'ellipse ? L'origine s'exprime-t-elle dans ce choix formel ? |