| Mots clés |
Violence, Guerre en Colombie, Lien social, Discours, Paramilitaires AUC, Guérillas FARC-EP, Féminin, Femmes, Bojayá |
| Resumé |
Cette recherche s'interroge sur la structure de la violence à l'encontre du féminin dans le conflit armé colombien, en distinguant les pratiques des guérilleros des FARC-EP de celles des paramilitaires des AUC, à partir de quelques phénomènes de violence survenus au cours de la décennie 2000-2010. En termes de méthodologie et de sources, nous suivons les lignes méthodologiques fournies par Sigmund Freud, c'est-à-dire que nous passons par la structure du sujet pour penser le lien social. Ce travail met en lumière les dires singulières de neuf sujets qui ont vécu le conflit armé en Colombie en tant que victimes et militants. Il s'appuie en outre sur des sources secondaires telles que les documents du Centre national de la mémoire historique de Colombie et la presse. Le développement de ce propos comporte quatre parties : dans la première, « De la violence : propos de la psychanalyse », les apports de Sigmund Freud et de Jacques Lacan sont passés en revue concernant le concept de violence qui, bien que non spécifique à la psychanalyse, n'empêche pas une réflexion basée sur les notions de pulsion de mort, la sexualité et le réel. La deuxième partie, « Violence, lien social et discours » explore la notion de violence à partir des modalités du discours proposées par Jacques Lacan, en soulignant les effets du discours capitaliste et ses effets sur la ségrégation et la déségrégation des figures de l'altérité. De même, s'agissant d'une question qui concerne les femmes, en tant qu'incarnation de l'altérité, une tension entre la psychanalyse et les théories féministes latino-américaines est proposée. Dans la troisième partie, « Du féminin en psychanalyse » on se concentre sur la notion du féminin qui, au-delà de la biologie, renvoie à une Autre modalité de jouissance et son rapport au réel qui, dans le cadre de ce conflit, engendre des pratiques de violence allant de la domination à l'extermination. Enfin, dans la quatrième partie, « Une approche au traitement du féminin et des femmes dans le projet paramilitaire des AUC et la guérilla des FARC-EP en Colombie », on distingue les imbrications du discours du capital et de celui du maître dans chacun des groupes, les différences et les effets du traitement de l'altérité et des femmes sont établis, ce qui, sur la base des dires singuliers des sujets interviewés, nous permet de reconnaître des pratiques allant de la honte, du mépris, de l'horreur, de la marchandisation, de la domination à l'extermination de communautés entières, comme cela s'est produit à Bojayá. Cependant, malgré la violence et l'extermination, les sujets résistent et les chants cachés par les balles baignent les corps morcelés dans cette guerre. |