La colonialité du savoir philosophique dans les universités : Une étude des pratiques de formation brésiliennes, françaises et sénégalaises
The coloniality of philosophical knowledge in universities : A study of Brazilian, French and Senegalese formative practices
par Gabriel Silveira de Andrade ANTUNES sous la direction de Seloua LUSTE BOULBINA
Thèse de doctorat en Philosophie politique
ED 624 Sciences des Societes

Soutenue le mardi 17 décembre 2024 à Université Paris Cité

Sujets
  • Brésil
  • Colonisation
  • Décolonisation
  • France
  • Philosophie
  • Sénégal
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Mots clés
Colonialité du savoir, Philosophie, Brésil, France, Sénégal
Resumé
Dans cette thèse, je conceptualise, analyse et interprète l'existence, l'importance et les caractéristiques de la colonialité du savoir philosophique, en me basant principalement sur des expériences, des récits et des données relatifs à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et à l'Université de São Paulo (USP). Ainsi, son objectif est de considérer la possibilité et l'efficacité des actes et des dispositions de colonisation et de décolonisation dans l'institutionnalisation de la discipline. Or, parler de colonisation et de décolonisation, c'est faire référence à des siècles de guerres, de politiques administratives, démographiques, économiques et culturelles, de traités internationaux qui ont produit des Etats européens impériaux et leurs colonies, des populations identifiées comme blanches et comme non-blanches. Par conséquent, l'étude de la colonialité de la philosophie institutionnelle consiste à expliciter les hégémonies, les conflits, les évasions et les résistances géopolitiques ou raciales qui la (re)produisent. Dans ce sens, pour produire de la pensée et quelques connaissances objectivées, j'ai structuré la thèse sur l'explication et le développement des notions de colonisation et de décolonisation du savoir philosophique. Je justifie ce choix par le fait que la colonialité de cette discipline résulte de l'efficacité, de la conflictualité et de la composition de ces politiques. Or, en plus d'être une opération logique, cette approche se fonde sur l'observation et la comparaison des pratiques de catégorisation de la situation des institutions, car la recherche m'a montré que le conflit et la composition actuels entre colonisation et décolonisation est un fait établi dans les discours sur le sujet au Brésil et au Sénégal, avec des références fréquentes à la France. Depuis le projet ' en termes plus généraux ' et à travers les observations sur place et le travail dans les archives ' en termes plus précis ' la recherche m'a également montré que ce fait discursif est étroitement lié à l'histoire et aux pratiques habituelles des universités considérées à Dakar et à São Paulo. Cette thèse est composée d'un préambule méthodique et politique, de deux parties et d'un post-scriptum. Dans la première partie, intitulée « La colonialité du savoir philosophique », à partir d'une conception de la philosophie comme chose institutionnelle, je précise des éléments de conflit reproductif dans le fonctionnement de la discipline par une analyse de situations et de son histoire dans des universités au Brésil et au Sénégal. Ensuite, dans le deuxième chapitre de la première partie, j'analyse comment les forces de colonisation et de décolonisation établissent des logiques spatiales et temporelles de légitimation et d'identification dans la philosophie institutionnelle. Dans la deuxième partie, intitulée « Pratiques de formation en philosophie », cette étude plus générale de la colonialité de la discipline est utilisée pour conceptualiser, analyser et interpréter l'enseignement de la lecture et de l'écriture à l'UCAD et à l'USP. En outre, inversement, la seconde partie reprend, précise et détaille ce qui a été élaboré plus abstraitement dans la première partie. Cependant, toute prétention d'exhaustivité sur le sujet est frustrée par l'étendue abyssale des archives et des situations qui pourraient constituer l'objet d'étude et par les biais avec lesquels j'ai travaillé consciemment ou inconsciemment ' parmi les premiers, je souligne ceux produits par mes identifications raciales et nationales, en tant qu'étudiant et en tant qu'enseignant de philosophie au lycée au Brésil. Dans le post-scriptum, tout en présentant une synthèse de cette thèse, j'esquisse une inversion dans laquelle, au lieu de prendre les témoignages comme des évidences de la colonialité des pratiques philosophiques dans les institutions, je les considère comme opérant la colonisation ou la décolonisation des sujets et des objets disciplinaires.