| Mots clés |
Haiti, Zones franches industrielles, Expérience professionnelle, Colonialité, Emploi, Domination, Exploitation, Études postcoloniales, Droit du travail |
| Resumé |
Cette thèse se penche sur les zones franches en Haïti. Ces lieux de production s'inscrivent dans une histoire des rapports sociaux entre les pays du Nord et du Sud. Cette recherche propose de comprendre la construction sociale des rapports de colonialité, d'une part, et comment ils sont vécus par les ouvrières et ouvriers, d'autre part. Avec un cadre théorique articulant la sociologie du travail, la sociologie clinique et l'approche décoloniale, cette recherche mobilise une méthodologie qualitative par entretiens et observations auprès des ouvrières et ouvriers haïtiens dans les départements du Nord et du Nord-Est. Elle comprend également l'analyse d'un corpus documentaire. Cette recherche explique, premièrement, comment les institutions nationales et internationales contribuent à maintenir une division internationale du travail qui permet une surexploitation dans les zones franches. Elle montre que l'organisation taylorienne du travail est caractérisée par l'autoritarisme, des violences psychiques et physiques, du racisme et finalement des conditions de travail extrêmement pénibles. Deuxièmement, cette recherche met en lumière la manière dont les ouvrières et les ouvriers transforment leur souffrance en défi et tentent de résister à cette franche exploitation, tant individuellement que collectivement. Cette thèse apporte une contribution significative à la sociologie du travail en Haïti, notamment à la connaissance du travail salarié dans les zones franches, peu connues. Elle favorise également un dialogue entre la sociologie du travail, la sociologie clinique et l'approche décoloniale pour l'analyse du travail salarié, des organisations et des institutions. |