| Mots clés |
Psychanalyse, Afrodescendant·es, Inconscient, Autre colonial, Conscience noire |
| Resumé |
Que peuvent les ressources de la psychanalyse pour favoriser l'émancipation subjective des Afrodescendant·es ? Étonnement, elles n'ont été que peu mobilisées par les auteurs et autrices de la condition noire, qui ont pourtant sillonné en tout sens les archives de l'esprit et de la praxis. Un exemple, celui du rapport entre psychanalyse et négritude, où les salutations à distance ont longtemps suffi. La psychanalyse serait-elle la pointe la plus habile de ce monstre d'individualisme dont l'Afrique a eu tôt à prendre peur ? N'offre-t-elle pas, du reste, une libération individuelle, là où la situation exige au contraire la force du nombre, celle de l'unité politique du continent et de sa diaspora qui, malgré les plus brillantes exhortations, n'en finit plus de ne pas se réaliser ? Le point de vue depuis lequel nous reviendrons sur le contexte géopolitique de la naissance de la psychanalyse, ne pourrait-il prendre pour contrechamps la conquête de l'Afrique qui lui est concomitante ? Si à bien des égards la ruée vers le « continent noir » peut sembler lointaine, la circulation transcontinentale du discours racial prouve que la majeure partie de l'Europe - même les territoires d'un Empire austro-hongrois sans possessions africaines - est déjà hantée des spectres de la négrophobie, émanations des rapports de pouvoir instaurés par l'ordre colonial. Comment le « cri nègre » résonne-t-il à l'oreille du psychanalyste ? |