| Mots clés |
Corps, Psychanalyse, Autisme, Psychose infantile, Ancrage, Jeu, Medium malléable, Toucher, Rencontre partagée, Symbolisation, Processus |
| Resumé |
Quels place et statut pour le corps dans les cliniques de l'autisme et de la psychose infantile ? Comment le comprendre, sinon le décrire ? Mais surtout, comment l'appréhender dans le cadre d'une prise en charge psychothérapeutique ? Telle est la problématique vers laquelle nous souhaitons nous engager. Loin d'y être totalement étrangère, la psychanalyse s'essaye de répondre à cette vaste question et ainsi de rebattre les cartes : théorique, méthodologique et clinique, d'un objet singulièrement pluriel. Nous choisissons d'aborder cette problématique selon l'hypothèse principale suivante : le corps du sujet autistique ou psychotique se présenterait selon des modalités d'habitation spécifiques. Tantôt du côté d'un accrochage au corps somatique, tantôt du côté d'un accrochage au corps relationnel. Selon ce principe, il se couperait de son double ancrage corporel pour se défendre contre une souffrance narcissique-identitaire invalidante. Cet état amènerait le sujet à s'enfermer dans des formations corporelles dégénératives, prenant soit la forme d'enclaves sensorielles, soit la forme d'émotions passionnelles, sinon confusionnelles. Le corps perdrait, en conséquence, sa capacité symbolisante et irait à rebours de son travail de mise en représentation. La perspective thérapeutique serait alors de reconnaître et de jouer autour de ces diverses propositions idiosyncrasiques pour tendre vers une rencontre partagée, support d'une remise en acte des processus de symbolisation et d'appropriation subjective. Cette perspective nous permet de mettre l'accent sur un point de vue peu usité dans la recherche, soit l'aspect dynamique des processus corporo-psychiques. Pour ce faire, nous nous appuierons sur la méthode de l'après-coup, qui nous permettra de revisiter des notions qui nous apparaissent essentielles au déroulement de la pratique analytique, mais aussi de reconstruire un matériel clinique sans élucubration. L'observation, l'interprétation, ou encore l'engagement corporel, deviennent, en conséquence, des notions non consensuelles ; c'est-à-dire, des notions qui ne cessent de de se réaménager selon le mouvement de son propre objet clinique. Dès lors, le travail d'écriture s'envisage comme un double travail conviant au plus près de l'intime : soit, un travail d'écriture du cas et un travail d'écriture de la position du chercheur clinicien. Notre population clinique, d'enfants et d'adolescents présentant des troubles précoces et sévères de la personnalité, viendra illustrer l'ensemble de ces réflexions. À ce titre, il s'agira d'études de cas menées au long cours, au sein d'un cadre thérapeutique s'appuyant sur une perspective analytique, soit un processus reposant sur deux assises fondamentales : celles de la relation transférentielle et de l'associativité formelle. |