| Mots clés |
Littérature de puissance, Prose passionnée, Cauchemars, Mal, Éternité, Presse, Lettres, Opium, Sauts, Digressions, Musique, Pathos, Sublime |
| Resumé |
Thomas de Quincey est célèbre pour ses « Confessions d'un mangeur d'opium anglais » et l'usage intempestif qu'il a fait de l'opium. Essayiste, figure incontournable de la prose romantique, inspiré par Wordsworth et Coleridge et leurs "Lyrical Ballads", De Quincey semble passer sa vie et son oeuvre à se démarquer de ses grands prédécesseurs en remplaçant la campagne par la ville, et la poésie par la prose. S'inscrivant toujours plus dans ce qui est le débordement de son époque, son écriture se déborde elle-même de plus en plus pour en rendre compte. Il s'agit de suivre le flot inédit d'une information qui s'accélère et se modernise à grands pas. L'imprimerie se développe. De Quincey adapte les modalités de son écriture à ces changements sans précédents, usant dans sa prose d' hyperboles et d'inflation verbales qui vont parfois permettre à cette « littérature de puissance » qu'il place au plus haut de s'exprimer. Autant de facteurs qui vont éloigner De Quincey de ses blessures d'enfance, à commencer par la mort prématurée de sa soeur aînée, Elizabeth. Il va se libérer sur les routes d'Angleterre, notamment sur le réseau des malles-poste qui lui permet de parcourir du nord au sud, et d'est en ouest, le territoire anglais. Ces courses parfois échevelées cachent une sensibilité elle-même débordante, faite de dérives où il s'agit de s'interroger sur ce qu'est une orientation juste, autant à Londres dans les dérives nocturnes, que sur la page, où la rhétorique elle-même doit retrouver l'espace complet de sa propre formulation, simultanément dépassée par une singulière « prose passionnée » qui la déborde elle-même. |